Sindy, 41 ans, est originaire du Bas-Saint-Laurent, une région qu’elle revendique comme la sienne malgré de nombreux déménagements de sa jeunesse. Alejandro, 40 ans, vient du Guatemala, plus précisément du département de Chimaltenango, situé à une heure de la capitale du pays.
Deux parcours, une même terre d’accueil
Aujourd’hui, Sindy et Alejandro habitent Saint-Pamphile avec leur petit garçon, Mateo, et partagent leur quotidien familial avec les deux grands enfants de Sindy. Elle s’est installée dans la région il y a 14 ans, tandis qu’Alejandro est arrivé au Canada le 17 juillet 2021.
Côté professionnel, Sindy est intervenante de proximité à l’ABC des hauts plateaux, un rôle qui lui permet d’être au cœur de sa communauté. Alejandro travaille chez Maibec comme opérateur de machines, un employeur qui lui a offert un précieux soutien dès son arrivée.
Un choix de cœur et de nature
Pour Sindy, s’installer dans Région L’Islet a été un véritable retour aux sources, guidé par son désir d’être près de ses racines familiales et de son profond attachement à la nature.
« Mon père vivait à Saint-Omer, et on venait souvent dans le coin depuis Québec. C’était un mode de vie très différent, puisqu’on restait en appartement, vraiment en pleine ville. Tu sortais dehors et c'était du béton partout. Quand je venais ici chez mon père, c'était la verdure, les arbres, le gazon... Il y avait des couleurs partout! J’aimais la tranquillité. » — Sindy
Ce contraste entre la vie urbaine et la sérénité de la campagne l’a toujours séduite et l’a convaincue, le moment venu, d’y déposer ses valises. Ce cadre paisible a aussi facilité la réalisation d’un projet qui lui tenait grandement à cœur : ouvrir sa propre garderie en milieu familial. Avec des propriétés moins coûteuses qu’en ville, Région L’Islet lui a permis de concrétiser ce rêve. Elle aura porté son projet entrepreneurial pendant dix ans avant de se consacrer à sa nouvelle vocation : celle d’aider les gens en tant qu’intervenante. Elle souligne d’ailleurs que son emploi est un facteur clé de son attachement à la région.
« Je peux faire mon horaire comme je l’entends; je travaille 35 heures par semaine, mais si j'ai des rendez-vous personnels, par exemple, je peux déplacer mes heures à un autre moment. C’est une belle et précieuse conciliation travail-famille. Comme parent d’un enfant en bas âge, tu ne peux pas avoir mieux! » — Sindy
Défis et intégration
Les débuts en région d’Alejandro ont été marqués par des défis, notamment celui de la barrière de la langue.
« Je ne savais rien du français quand je suis arrivé. Le travail, ça allait, parce qu’on nous aidait beaucoup. Mais à l’extérieur, c’était compliqué : demander quelque chose au supermarché ou au restaurant, c’était difficile. » — Alejandro
Le changement de climat a aussi été un choc, mais atténué rapidement par la solidarité locale.
« Des collègues de Maibec nous ont aidés. Ils nous ont expliqué quoi porter, comment s’adapter, etc. On a reçu beaucoup d’invitations au début, les gens étaient contents de nous accueillir! » — Alejandro
Enfin se sentir chez soi
Pour Sindy, Région L’Islet représente son véritable nid, celui qui ne l’a jamais vu repartir. Pendant le premier quart de sa vie, elle confie avoir déménagé tous les deux ou trois ans, la laissant avec ce sentiment d’avoir à recommencer constamment.
« Moi, comme je disais, j'ai déménagé beaucoup. On dirait que je n'ai plus l'énergie pour ça, parce que je sais ce que c'est de recommencer. Ici, à Saint-Pamphile, c'est l'endroit où je suis resté le plus longtemps de toute ma vie et je me suis beaucoup attachée aux gens. Tu ne peux pas aller à l'épicerie sans avoir une conversation avec quelqu'un! » — Sindy
Les endroits coups de cœur
Quand vient le temps de se ressourcer, chacun a ses préférences. Alejandro aime jouer au soccer dans les champs, un sport populaire au Guatemala. Il mentionne aussi qu’ils vivent de riches moments en famille lors de leurs promenades en ville avec leur petit garçon. Sindy, elle, est une amatrice de paysage hivernal et de ski de fond.
« Ça ne me prend même pas 5 minutes en auto à partir de la maison… Je dirais même qu’en deux minutes, je suis sur le sentier! Ça me prend une heure faire le tour et c’est magnifique, surtout après une belle neige. Je m’arrête même parfois pour prendre une photo tellement c’est beau. » — Sindy
Bien qu’Alejandro n’ait pas encore accompagné sa douce sur les pistes, il a déjà découvert la randonnée en raquettes et envisage même d’essayer le patin en forêt en famille l’hiver prochain.
Des aspirations pour leur région de demain
Pour sa région d’adoption, Sindy aspire à une plus grande offre de services de santé. À Saint-Pamphile, par exemple, l’absence de médecin de famille et les horaires restreints de sans rendez-vous au CLSC poussent les citoyens à se tourner vers Montmagny. Le couple espère que ce contexte fera éventuellement place à des solutions innovantes, qui sait, peut-être même portées par une mobilisation communautaire.
Un rythme de vie différent
L’un des éléments qui ont surpris Sindy lors de son arrivée à Saint-Pamphile a été le rythme de vie régional plus lent, qui se distingue nettement de celui des pôles urbains.
« Une fois, je suis allée à la pharmacie un dimanche, puis c'était fermé. J’ai ensuite compris que c’était comme ça pour plusieurs des commerces ici. Je pense que c'est ancré dans la culture historique de la place; les dimanches, c'était la messe, tout le monde devait ralentir. J’apprécie cette façon de vivre qui est différente de ce que j’ai connu. Oui, ça peut surprendre, mais je trouve que ça invite à repenser notre rapport au temps. » — Sindy
Quand on demande aux amoureux de résumer leur impression de la région en quelques mots, les réponses de chacun se complètent : calme, tranquillité, nature et surtout, la gentillesse des gens.


